Grand Prix littéraire du Mémorial d'Ajaccio
Le Grand Prix littéraire du Mémorial d'Ajaccio : une histoire ajaccienne... 
En 2007, le « Prix du Mémorial », qualifié également — et à juste raison — de « Grand Prix littéraire du Mémorial d’Ajaccio » fêtait son trentième anniversaire. Un anniversaire qui avait donné lieu à un hommage particulier et mérité à la mémoire de son fondateur, Alfred Nivaggioli. Le temps est venu, aujourd’hui, d’écrire l’histoire de cette institution et de rappeler la part éminente qu’elle prend dans la promotion culturelle d’Ajaccio et de la Corse. 
 
C’est en 1977 qu’Alfred Nivaggioli, alors directeur du Contrôle Économique de la Corse, désireux de partager son admiration pour Napoléon et son attachement à sa ville, imagine de créer un prix littéraire. Écoutons-le en raconter la naissance ! « Le prix du Mémorial est né dans un petit café du Cours Napoléon, dont le nom rappelle la ville de Marseille. Ce jour-là, un jour de Mai 1973, deux rotariens s’y trouvaient attablés devant des tasses de café et presque immédiatement, ils eurent l’idée de ce prix littéraire d’Ajaccio. Comment cette idée leur est-elle venue ? (…) De la nécessité pour la Corse-du-Sud, face à la domination de la Corse du Nord sur de nombreux points matériels, de ressaisir la prépondérance dans d’autres domaines, et d’abord, dans celui, tout pacifique, de la culture. » 
 
L’esprit de Napoléon 
 
Les deux rotariens en question sont Alfred Nivaggioli, lui-même, et Raoul Morelli, alors propriétaire d’une quincaillerie, voisine du café « La Canebière ». Ils évoquent tout naturellement le souvenir de Bonaparte pour servir de support à ce prix littéraire et le nom de Napoléon leur vient immédiatement à l’esprit pour le baptiser. Une idée trop simple à leur goût. Alfred Nivaggioli ira jusqu’à suggérer de l’appeler « Le Prix du Souper de Beaucaire » en référence au titre d’un ouvrage, écrit en 1793, par Napoléon Bonaparte lui-même. Cette suggestion sera également abandonnée après qu’ils s’en seront ouverts à leurs amis, « presque tous rotariens », dont Paul Giudicelli, alors responsable de la SNCM, Pierre Rostini, et Jean-Baptiste Neri qui formeront avec d’autres un groupe de travail, qui obtiendra, avec celui du Rotary Club d’Ajaccio, le soutien tout autant décisif des deux maires successifs d’alors, Pascal Rossini et Charles Ornano. 
 
De leurs rencontres, sortira alors le nom de « Prix du Mémorial », un nom qui d’évidence se référait à Napoléon, mais d’abord et surtout à « l’ensemble de ses écrits et aux principes d’action qu’ils suggèrent et dont on peut considérer qu’ils ont conservé leur valeur. » 
 
Ainsi, comme l’ont voulu ses fondateurs, le « Prix du Mémorial » n’est pas destiné à couronner un ouvrage sur Bonaparte ou sur Napoléon empereur, « même si cela, à l’occasion, pourrait se faire ». Il doit distinguer une œuvre « apportant une contribution positive à l’épanouissement d’une société démocratique, créatrice de droit et de devoir, où la valeur personnelle est inséparable du souci de l’intérêt général, où le sens de la justice, de l’humain, prend valeur d’exemple. » 
 
L’Association culturelle du Mémorial

Le « Prix du Mémorial » sera officiellement institué, en août 1977. Pour lui servir de cadre, l’Association du Mémorial sera créée sous la présidence d’honneur du maire d’Ajaccio. Alfred Nivaggioli en sera le premier président et ses membres fondateurs, Christiane Fieschi, Pascal Ceccaldi, Michel Clada, Francis Gambarelli, Paul Giudicelli, Jules Martinaggi, Raoul Morelli, Jean-Baptiste Neri, Pierre Rostini et (?) Usciati. 
 
À peine concrétisée, cette initiative suscitera, à Ajaccio, mais aussi dans les milieux intellectuels parisiens, un engouement tel qu’il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir d’éminentes personnalités apporter leur précieux concours à l’organisation et au succès de cette institution Restait à constituer un jury et à fixer les conditions de sa composition. « Il était nécessaire que les personnalités, qui en feraient partie, eussent d’abord une audience nationale, mais fussent également une émanation de la ville d’Ajaccio. » 
 
Les personnalités qui composeront le premier jury seront Joseph Pasteur, qui en sera le président, André Castelot, Pascal Ceccaldi, Jean Dutourd, Jean-Louis Guillaud, Joseph Lambroschini, Xavier Marchetti, Jean-Etienne Riolacci, le médecin-général Santini et René Sedillot. Pascal Arrighi en fera également partie, pendant un certain temps. 
 
Quarante ans après, 1977 – 2017 
 
Quarante ans après sa création, le Prix du Mémorial continue de susciter le même engouement pour la place primordiale qu’il a prise dans le rayonnement culturel d’Ajaccio et de la Corse. Un engouement et une place qu’il doit, en premier lieu, à la qualité des personnalités qui ont présidé son jury, Joseph Pasteur, Alice Saunier-Seité, Emile Arrighi de Casanova, Jean-Claude Casanova et maintenant Jean-François Sirinelli, mais aussi de celles qui l’ont composé et le composent aujourd’hui. 
 
Cet engouement, le Prix du Mémorial le doit aussi à l’engagement des présidents successifs de l’Association Culturelle du Mémorial, Alfred Nivaggioli, Raoul Morelli, Michel Clada, Jean-Baptiste Neri et Francis Gambarelli, Pierre Franceschi et, aujourd’hui, Jean-Pierre Audisio. 
 
Et cela, sans oublier, enfin, ce que le prestigieux palmarès de ce « Grand Prix Littéraire du Mémorial d’Ajaccio » doit à la signature de ses lauréates et lauréats et à la qualité de leurs ouvrages, couronnés pour leur adéquation à l’esprit de l’œuvre écrite de Napoléon Bonaparte.